Les « Bien-pensants », jugement et imposition d'un point de vue.

Depuis quelques temps, je me pose pas mal de questions sur la manie de l'être humain à juger ses congénères, à commencer par la mienne. Est-ce qu'on peut être tolérant dans tous les domaines ? N'y a-t-il pas des limites à ce que l'on peut tolérer ? Avec ces questions, je spoil un peu, mais c'est pour vous aider à comprendre mon questionnement.

Il ne faut pas se leurrer, nous n'avons pas un regard objectif, neutre sur le monde. Nous percevons notre environnement au travers d'une grille de lecture, que nous façonnons tout au long de notre vie, avec nos expériences et nos goûts, nos opinions. Opinions qui changent d'ailleurs, suivant le milieu que l'on fréquente, les rencontres, le degré d'ouverture d'esprit. Mais faut-il pour autant juger ce qui n'est pas conforme à cette grille ? L'ouverture d'esprit n'étant pas qu'une fracture du crâne, ne devrions nous pas apprendre à être tolérant avec tout, même si l'on ne comprend pas ?
Ça peut paraître bête comme question, mais c'est vraiment celle que je me pose en ce moment. J'entre dans une démarche qui me pousse à avoir moins d'a priori sur les choses, de préjugés, et de réduire mes jugements, afin de laisser la liberté à chacun d'agir comme il l'entend. En d'autres termes, ce n'est pas parce que je ne comprends pas que c'est mal.

Bon, c'est bien joli tout ça, mais la faculté de comparaison et de jugement est inhérente à l'Homme, donc faut-il aller contre sa nature ? Le fait de juger, de ne pas être tolérant fait-il de nous- de mauvaises personnes ?

J'aurais tendance à dire que non, si seulement on en prend conscience. Concrètement, juger et critiquer quelqu'un ça reste mal, mais ça arrive. Parce que l’être humain est faillible par définition, et que la perfection, ce n'est pas pour nous. Cela étant dit, prendre conscience de la chose, c'est bien, tenter de se corriger, c'est mieux. Je me doute que cela doit être assez flou en fait, je vais donc poser une situation. L'autre jour, je parlais avec une personne. Enfin, parler est un bien grand mot, je critiquais. Oui, moi qui débute un article sur la tolérance. Déjà, de cette conversation, naissait ma question de savoir si l'on pouvait tout tolérer. Je partais du postulat que non, parce que, pour en revenir à cette histoire de grille de lecture, nous ne pouvons pas tolérer les choses qui vont à l'encontre de nos valeurs.

Sauf que, je me suis fais cette réflexion à l'égard du polyamour, qui est loin de mes convictions personnelles, et que j'ai du mal à comprendre. Cependant, après lecture de témoignages, bien que je ne comprenne toujours pas, je ne juge plus aussi durement, voire plus du tout. Parce que ces personnes ont le droit de vivre comme elles veulent. Point.

Ensuite, dans la conversation, mon interlocuteur a eu cette phrase merveilleuse « si elle est heureuse comme ça ma foi... » Et pour le coup, loin de discréditer mes critiques, je l'ai trouvé pertinente. Je me suis rendue compte que j'avais deux poids deux mesures. J'étais tout à fait capable de me remettre en question en ce qui concerne le polyamour, en revanche, pour ce qui concerne cette personne qui heurte mes convictions féministes naissantes mais surtout ma foi en l'humanité, j'en était incapable. Pour le coup, je ne suis sentie coupable, mais je me voyais incapable d'agir autrement. J'ai donc commencé à réfléchir et à me remettre en question sur cette situation. J'ai découvert qu'en fait, ce qui me dérangeait dans cette histoire, c'est que ça me touchait de près. Et surtout, parce que je ne comprenais pas que cette personne que je critiquais n'aie pas le même point de vue que moi. Ça m'a rappelé l’émission que j'ai regardé il y a quelques semaines, qui parlait d'une tribu d'indiens « sauvages » et un témoignage m'a fait bondir. Un homme voulait les approcher pour les « civiliser » les convertir au christianisme. J'étais outrée devant mon poste de télévision, parce que je me demandais de quel droit cette personne voulait imposer son point de vue comme ça. Les « Bien-pensants » qui imposent leurs opinions, comme si elles étaient universelles, mais surtout, les croisades de conversion, ce n'est plus de notre époque, ça ne devrai plus exister !

Voilà. En fait, quand on y réfléchit, la fameuse « grille de lecture » est tâchée de ces opinions aussi (coucou patriarcat, racisme et autres joyeusetés ! ). Nous sommes tous susceptibles d'être des « Bien-pensants » voulant rallier tout le monde à notre cause. Attention, je ne suis pas en train de nier le libre arbitre, ou de cracher sur l'esprit critique, j'expose juste un fait, ou plus exactement une pensée. Parce que pour le coup, avec cet article, je suis un peu « bien-pensante »


Je n'ai pas de solution en fait. En ce qui concerne cette personne, je n'ai pas envie de la juger ou de la critiquer, parce qu'effectivement, elle fait ce qu'elle veut de sa vie, et si ça lui convient, grand bien lui en fasse. Pour autant, dans une vie, nous sommes amenés à croiser des gens qui heurtent nos opinions, nos convictions, comme elle le fait pour moi, et je trouve très dur de les regarder avec un regard neutre. Je pense qu'on ne peut pas s'empêcher de juger et de critiquer, c'est dans notre nature, mais on peut essayer de réduire au moins, ou d'en prendre conscience. C'est peut être ça grandir après tout !  

Commentaires

  1. Il faudra que tu m'expliques l'histoire, parce que je ne comprends pas tout, mais je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis, et je suis un peu dans la même idée d'essayer de moins juger ce que j'ai du mal à concevoir, à comprendre ! Que ce que je ne cautionne pas n'est pas pour autant quelque chose de mal...
    C'est déjà un grand grand pas de s'en rendre compte et de vouloir travailler dessus :)
    💙

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  2. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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    1. T'as posté deux fois le même x)

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    2. Ça a déconné, surtout que je ne l'ai envoyé bien qu'une fois... Saleté de téléphone ! :p

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