#MoiAussi / #MeToo

Je suis allée faire un tour sur Twitter ce matin, et je me suis rappelée pourquoi je n'avais pas créé de compte à la base. C'est affolant de voir toutes ces femmes dénoncer et de voir encore et toujours qu'on cherche à les faire taire, à récupérer leur discours, à les décrédibiliser. J'ai hésité à poster quelque chose, parce que je sais que ça ne servira à rien, mais c'est justement là le problème en fait. Ça ne devrait pas servir à rien.

 Je n'ai pas envie qu'on m'attaque encore plus alors que je suis déjà victime. Déjà que je supporte à peine ce mot. Non porter plainte ne sert à rien si on a pas de preuves. Et non, ce n'est pas parce qu'on a pas de preuves tangibles qu'on invente. Personne n'ira inventer un truc pareil juste par vengeance ou méchanceté. Il faut arrêter de remettre en cause la parole des victimes. C'est pas qu'on l'a cherché, qu'on était habillée de telle façon... C'est seulement que cette société à un gros problème, que depuis des siècles les religions offrent une image de la femme répugnante et que rien ne change dans l'éducation. Quand je vois le nombre de personnes qui disent qu'ils vont apprendre à leurs filles de se battre, ça me fait bondir. Non, il faut éduquer les hommes, et apprendre aux filles qu'elles sont libres. Apprendre aux garçon que les filles ne sont pas des objets, ne sont pas en libre accès, et qu'ils ne doivent pas faire ce qu'ils ne voudraient pas qu'on leur fasse, tout simplement.

 Je crache sur les gens qui disent que ce n'est qu'un effet de mode et que dans 10 jours ça sera passé. Parce qu'ils ont raison dans le fond, parce qu'on est des femmes, donc ça va forcément finir par être étouffées, on va bien finir par recouvrir et enterrer ce ras de marée à un moment. Je suis tellement en colère en fait. J'ai une boule dans le bide, je suis en rage de voir qu'encore une fois, on ne peut pas s'exprimer. On ne le peut jamais en fait. Je crois que de toute façon, ce combat me touche trop. Je sais qu'en ce moment je ressasse beaucoup mes agressions, et voir encore des hommes dire "mais fallait porter plainte" ça me met dans une rage folle. Ça me rappelle mon ex qui m'a dit un jour, alors que je lui exposait un problème : "Nan mais faut arrêter, je suis pas un violeur ! Faut te faire soigner. " Je ne sais plus ce que j'ai répondu à ce moment là, mais aujourd'hui, j'ai envie de lui hurler ma douleur et ma colère.



Ouais, j'ai franchement envie de hurler ce matin, sur tout ces hommes qui s'en sortent et qui continuent de vivre et de dormir sur les deux oreilles alors qu'on doit vivre avec les dégâts qu'ils ont causés. Et j'en peux plus de voir les #notallmen dressés dès qu'on essaie de dénoncer quelque chose. Si vous ne vous sentez pas concernés, pas visés, laissez nous la parole en fait. Laissez nous dénoncer ceux qui le sont. On a jamais dit que vous étiez tous pourris, on dit que beaucoup le sont. Et oui, il y a aussi des femmes pourries. Mais là, on aimerait s'exprimer en fait, on aimerait ne pas être noyée sous une autre info encore une fois. On en a marre d'être invisibles et silencieuses. 

J'admire toutes celles qui témoignent et balancent leur porc. C'est libérateur et ça fait de bien de voir qu'on est pas seules. C'est quand même affreux de se sentir moins seule devant un nombre effarant de victimes. J'ai pas le courage de tous les balancer, mais je leur adresse ma colère et mon dégoût. Tout ce que je suis capable de faire, c'est d'exprimer ma colère à travers cet article et encourager les femmes à dénoncer, encore et toujours, à sortir de l'ombre. La culpabilité doit changer de camp. La honte aussi. Je me contente d'un #MeToo /#MoiAussi, mais le cœur y est. ♥

Commentaires

  1. Merci d'avoir exprimé tout ce qui tourne et retourne dans ma tête depuis que les #balancetonporc et #MeToo affluent sur Twitter. J'ai vécu la même chose que toi. J'entends encore dans ma tête ses phrases pour se justifier. Parce que "dans un couple, on est forcément consentant", parce que, "tu étais d'accord au départ alors tu l'as été tout le long", parce que "l'humiliation ça n'existe pas dans un couple", parce que "le viol conjugal, qu'est-ce que c'est ?", parce que "je n'ai pas vu que tu pleurais", parce que "c'était juste un dérapage".

    Bravo à ces femmes qui osent, à ces femmes qui se lèvent et qui font face à tous ces gros cons des réseaux sociaux et de la vraie vie. Parce que comme toi, aujourd'hui je n'ose pas et je me contente d'un hashtag. Mais un jour je le ferai. Il faut que ça change.

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    1. Parce que "mais ça peut pas être un viol conjugal, vous n'étiez pas mariés." parce que "Vous êtes sûre ? Vous venez de dire que vous ne vous êtes pas débattue." Parce que " Si vous ne savez pas comment le qualifier, c'est peut-être que vous en aviez envie aussi, et que vous êtes influencée par toutes celles qui disent avoir étés violées alors qu'elles regrettent juste." Et j'en passe. Aujourd'hui, la rage et la douleur m'empêchent de dénoncer. La peur aussi. Mais un jour, ça viendra. Merci de ton témoignage, de ton soutient, et courage ! ♥

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