Lettre ouverte ou ma non confiance en l'avenir.

Il y a encore des jours où je suis triste. Des jours où je me rends compte que ce n'est pas autant derrière moi que je le voudrais. En même temps, comment mettre ça derrière moi ? C'est pas comme si j'avais eu le choix. Alors oui, ça me rend triste. Parce qu'on ne sera jamais d'accord. Parce qu'on ne se reparlera probablement jamais. Et je ne peux pas m'empêcher de trouver ça con. Parce que j'aurai tellement voulu partager des choses avec toi. Il y a des choses dont je ne m'imagine parler avec personne d'autre. Qui sera là pour me rassurer quand, à mon tour, je serai mère ? Qui sera là pour me dire de ne pas lâcher quand je vacillerai ?

Tu vois, en ce moment, ta petite fille rêve. Elle rêve à une vie d'adulte, une maison, un boulot et une grossesse. C'est assez ridicule, parce que ce n'est pas près d'arriver, mais encore plus parce que je n'ai personne à qui parler de ça. J'aurai besoin de te parler de ça, toi qui à l'expérience, j'aurai besoin que tu me rassures, que tu m'aiguilles. Au lieu de ça, je ne sais pas quoi faire de tout ça, et je me sens seule.

Il y a tellement de choses qui m'agacent en ce moment, tellement de choses que j'aimerais changer. Je suis à la fois en colère et désabusée.

J'aimerais qu'on nous laisse notre chance. Je suis dépitée après un énième échec à un entretien, je n'ai plus confiance en moi. J'en ai assez de courir après un truc précaire, qui ne me permettra même pas de me poser. Sincèrement, je vis dans un monde que je ne cautionne pas. J'ai beaucoup de mal avec l'idée de se tuer au travail, de devoir faire tout ce qu'on nous demande, et de ne plus avoir de temps pour nous. Tout ça pour un salaire de misère, aucune reconnaissance, et cette certitude que si tu n'acceptes pas, tu es remplaçable. Cette vie manque cruellement de rêve, de légèreté. J'ai besoin de plus que ça. Ah ça, je pourrais t'en parler de ma vision de ce monde ! Je prends conscience de choses qui ne me plaisent pas du tout et je me demande si c'est ça être adulte ? Si c'est le cas, non merci. Je veux rester enfant.

En fait, ça fait un moment que je suis en colère à ce sujet. Vois-tu, dès le collège, on nous a dit à nous, enfants de ma génération, de trouver un boulot que nous voudrions faire, et de suivre le chemin qu'il fallait pour y arriver. Je me suis donc décidée pour psychologue, et je suis partie à la fac. Certains m'ont dit que c'était bouché, que je perdais mon temps, mais considérant l'estime qu'ils avaient pour le métier que j'avais choisi, je ne les ai pas écoutés. Et j'aurai dû. Parce qu'au-delà du fait que ça soit bouché, c'est quasi inaccessible. Je suis donc en colère parce que j'ai vu mon rêve se briser, mes espoirs s'envoler sans que ça ne pose de problème à personne. Parce que « c'est la vie. » Mais sinon, on pourrait empêcher ça aussi. Dire aux enfants qui se destinent vers des études qu'à part médecine, commerce, ou informatique, ça ne débouche pas sur grand-chose. Leur dire que de toute façon, quoi qu'ils choisissent, ils finiront comme nous autres, au chômage. Les prévenir que ça ne sert à rien de s'épuiser, d'y croire, que ça sera la galère pour se loger, manger et vivre. Ouais, je suis un peu amère.

Mais j'ai de quoi aussi. Tu te rappelles ce que ce député disait ? 


Évidemment. Les Français ont un poil dans la main. On sent le mec qui n'a pas cherché de boulot depuis longtemps. À l'entendre, il faudrait se ruer sur le premier truc qui vient, peu importe si c'est épanouissant ou pas, pourvu qu'on soit utile, qu'on rapporte de l'argent. Mais faudrait pas non plus trop se plaindre et creuser le trou de la Sécu à prendre des anti-dépresseurs pour supporter la vie de merde qu'il veut qu'on ait. 

Pareil, leur idée de réforme pour le chômage me donne envie de hurler. Parce qu'en plus de nous faire encore une fois de plus culpabiliser, ils vont tous nous rendre pauvres. Je m'inclus dedans alors que je ne touche rien mais bon. Je trouve ça assez inadmissible qu'on fasse des généralités comme ça sur les gens. Et qu'on nous tape encore dessus alors que je voudrais pas dire, mais nos anciens présidents, on leur donne une super retraite eux. Genre V.G.E on le paie depuis 1981, il a un chauffeur, et tout. Sarkozy, on le paie aussi, alors qu'il a d'autres activités. Je ne parle pas non plus des premiers ministres, qui en plus de leur retraites à vie, ont une voiture avec chauffeur aux frais de l'état. Alors que bon, soyons réalistes, les mecs ont eu un boulot pendant 5 ans plus ou moins, et on leur verse une retraite de malade toute leur vie ? Et ce sont les chômeurs qui ne se bougent pas et qui profitent du système ? Pardon mais non quoi.

Alors oui, il y a sûrement des choses que je ne comprends pas. Mais ce système me met hors de moi. Nous sommes de la marchandise, des machines. Peu importe que nous vivions bien ou pas, le principal est que nous consommions, que nous travaillions pour rapporter de l'argent. J'en ai assez de voir toujours les mêmes s'enrichir et taper sur les pauvres bougres parce qu'il y a des problèmes d'argent. J'en ai assez de voir nos politiques taper sur les chômeurs ou imposer du bénévolat aux personnes au RSA parce qu'on leur donne de l'agent, ça serait bien qu'ils se bougent. J'aimerai que ces personnes vivent avec un RSA pour qu'elles se rendent compte que non, ça ne suffit pas, et que non, y rester pour profiter n'est pas une fin en soit. Alors oui, il est possible de vivre avec 524€/mois. Non, en fait, il est possible de survivre avec 524€/mois.

Et puis, je ne parle pas des députés, tous présents pour Pamela Anderson, mais pour voter pour constitutionnaliser l'état d'urgence, ils sont 441 absents. Payés avec nos impôts. Ces mêmes personnes qui critiquent les Français qui s’abstiennent aux élections.


Vraiment, je ne comprends plus ce monde. J'ai l'impression que ça ne sert plus à rien d'avoir le moindre espoir, le moindre rêve, parce que si tu es né dans la mauvaise famille, au mauvais endroit, rien ne se réalisera. Tu es pauvre et tu le seras toujours, ça ne sert à rien de rêver. C'est aussi pour ça que je me demande si j'aurai des enfants un jour. Parce que oui, j'en veux, mais j'ai pas envie qu'ils vivent ce que je suis en train de vivre. Je ne peux décemment pas leur faire ça. SI j'ai des enfants, je veux qu'ils soient heureux, qu'ils ne manquent de rien, et qu'ils puissent vivres leurs rêves.

Tu vois, c'est pour ça que j'aurais besoin de toi. Parce que tu aurais su trouver les mots, tu aurais su m'expliquer, me rassurer. Me redonner l'espoir qui me fait défaut. Mais au lieu de ça, je suis seule dans le noir, avec mes questions, mes doutes, et personne vers qui me tourner. Dans ces moments-là, sincèrement, tu me manques.

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