Parlons sexe.


Aujourd'hui j'ai envie d'évoquer un sujet important. Non pas que le sujet de mon dernier article ne l'était pas (la bouffe, c'est la vie), mais celui-ci l'est tout autant.



En fait, je me suis rendue-compte il n'y a pas longtemps que ce n'est pas un sujet dont on m'a parlé en grandissant. Et je trouve ça grave. Alors oui, c'est un peu tabou, mais c'est pas une excuse. Et puis en fait non, ce n'est absolument pas tabou dans cette société. Et surtout, je ne peux pas m'empêcher de me dire que si on m'avait parlé ne serait-ce que de consentement, il me serait sans doute arrivé moins de choses, j'aurais sans doute subi moins d'abus. Alors, je comprends que ça soit un sujet compliqué à aborder avec les enfants, que c'est loin d'être simple d'avoir les mots juste, mais c'est pas une raison pour laisser les jeunes dans l'ignorance. C'est dangereux même. Alors c'est facile me direz-vous, pour moi de dire cela alors que je n'ai pas d'enfants. Effectivement, mais depuis quand il faut avoir des enfants pour parler de sexe ? Et je dirais aussi que je m'inquiète pour mes frères et sœurs, et pour les éventuelles rencontres qu'ils pourraient faire. Parce que je sais dans quel monde on vit. Et que je n'ai pas envie qu'ils vivent la même chose que moi. Tout simplement.


Enfin, je pense que tout le monde sait maintenant que le sexe est présent partout, tout le temps. Dans les médias, jusque dans les tenues des enfants. Et il y a long à dire sur le sujet. Nous sommes bombardés de sexisme ordinaire et de références au sexe en permanence. L'accès aux vidéos pornographiques n'a jamais été aussi facile qu'aujourd'hui. Mais a-t-on vraiment envie que nos jeunes apprennent par ce biais ? Parce que je ne sais pas si vous avez déjà regardé une vidéo porno, mais si j'avais un ado, je m’inquiéterais qu'il pense que c'est comme ça aussi dans la vraie vie. Et j'en profite pour rappeler que l'éducation sexuelle des enfants ne se résume pas à parler de contraception avec sa fille et ne rien dire à son fils. Parce que j'en ai assez de voir qu'il est normal en 2017 de penser que les poils sur une femme, c'est sale. Parce que j'en ai assez de voir que dans la tête de beaucoup de gens, une relation sexuelle ne porte ce nom que s'il y a pénétration, et qu'elle se termine par la jouissance de monsieur. Ça va, pas trop hétéro-normé comme vision déjà. Et puis, le sexe n'implique pas que des grossesses. Je trouve malsain qu'on apprenne aujourd'hui encore aux femmes qu'elles doivent se protéger, sans en faire part aux hommes. Et en parlant d'hommes, je vous invite à lire cet article, pour vous faire comprendre à quel point on est mal barrés si on ne rectifie pas un tant soit peu le tir. 

D'ailleurs, en parlant de contraception, il serait génial en 2017 (ouais, je me répète, mais on avance tellement peu dans certains domaines, on tend à régresser même) les hommes comprennent que si une femme en prends, ce n'est pas que pour elle. Donc si elle n'est pas remboursée et que vous non plus ne voulez pas d'enfants, il n'est pas logique que ça soit à ses frais uniquement. Et je rappelle aussi qu'une femme n'est pas obligée d'avoir une contraception si elle n'en a pas envie. Si vous ne voulez pas d'enfants messieurs, protégez-vous. Elle n'a pas à se farcir d'hormones pour vous faire plaisir, encore moins pour votre confort. Il en va de même pour le préservatif : si votre partenaire souhaite se protéger, ce n'est pas la peine de faire du chantage ou d'insister. C'est du simple respect en fait. Parce que si vous avez envie de risquer votre vie, tout le monde n'est pas dans votre cas.


Donc non, juste non. Je ne vais pas faire un article sur tout ce qui ne va pas dans cette société, sinon, bonjour le pavé (je me suis déjà un poil emballé, mais chut, vous n'avez rien vu).  J'ai juste envie de faire un article en donnant des outils pour parler aux jeunes de sexe. Des outils dont j'aurais aimé disposer lorsque ma vie sexuelle à commencé. Parce que quitte à ce qu'ils s'informent sur le sujet sur Internet, autant regarder des contenus qui les informent plutôt que l'inverse.


Premièrement, je pense que le plus important quand on parle de sexe, c'est de parler consentement. C'est juste la base de tout. Je suis pour d'ailleurs, étendre l'idée du consentement en dehors du cadre sexuel, notamment en ce qui concerne le corps des enfants. Leur apprendre que leur corps, c'est sacré, que personne n'a le droit de les toucher s'ils n'en n'ont pas envie. Et ça vaut aussi pour les bisous baveux de la grande-tante Jacqueline. Bref, le con-sen-te-ment. La première chose que j'ai envie de partager à ce sujet, c'est la vidéo de la tasse de thé. Parce qu'elle est extrêmement bien faite, et qu'elle est accessible.


Sur le même thème, j'aurais aussi envie de partager cet article


Finalement, parler du consentement, c'est remettre la communication au premier plan. C'est rappeler que l'autre est différent de soi, et qu'il n'a pas les mêmes envies au même moment, ou pas du tout d'ailleurs. C'est demander de se décentrer, de se mettre à la place de l'autre et de partager. Et c'est bien là le plus important en matière de sexe, le partage. Parce que oui, on a le droit de dire non. On a le droit de ne pas avoir envie, ou même de changer d'avis. Et non, ce n'est pas grave. Apprenons aux ados que si leur partenaire en fait tout un foin, c'est pas une raison pour céder. Et encore moins si le chantage est à base de "oui mais pourquoi on devrait écouter TON désir de ne rien faire plutôt que le mien ?" Il faut apprendre aux jeunes que le sexe, c'est vraiment du partage, et du plaisir. À partir du moment où il y a contrainte, pour quoi que ce soit, il faut fuir. Leur apprendre que si leur partenaire n'est pas bienveillant, il ne faut pas s'y risquer. Ce n'est ni un dû, ni un devoir. En aucun cas. C'est quelque chose qui se fait avec envie et en toute sécurité.

Il faut leur parler de la zone grise. Vous savez, ces "moui, peut-être, je sais pas...", ces non-réponses, tous ces petits moments ou on s’aperçoit que l'autre n'est pas vraiment réceptif. Parce que dire non, n'est pas toujours facile. Des fois, on n’a pas envie de la pratique, mais on veut faire plaisir. Ça arrive. Et dans ce cas-là apprenons-leur à être vigilants. À préférer refuser plutôt que de laisser faire et possiblement le regretter. Si l'envie fini par venir tant mieux. Mais si non, on aura bien fait de s'abstenir. Apprenons leur que le sexe n'est pas un dû, ou un devoir. On ne doit rien à personne. Même si on a dit oui au départ. Ou la nuit dernière. Ou le mois dernier. Que se forcer, ou faire quelque chose contre son gré n'est pas acceptable. Se forcer n'apporte jamais rien de bon.


Ensuite, J'ai envie de parler du porno. Parce que je pense qu'il ne faut pas se leurrer, nos jeunes iront un jour ou l’autre voir ce que c'est. Ce n’est pas forcément un mal, c’est plutôt sain d’être curieux, mais il faut en parler. Je vous conseille ce top de Topito sur les différences majeures entre le porno et la vraie vie, histoire d’avoir un support. Parce que si parler consentement peut être gênant mais facile finalement, parler porno l’est beaucoup moins. Pourtant, rendre le sujet tabou n’aide vraiment pas. Les ados n’ont pas le recul nécessaire pour comprendre qu’une sodomie, ça se prépare dans la vraie vie. Ou que l’éjaculation faciale, ou la fellation ne sont pas des actes obligatoires. Il n’y a pas de label « bonne baise » établi, donc aucun ordre d’actes ou de positions. C’est un partage, pas un putain de Bingo ! Alors je grossis le trait évidemment, mais pas tant que ça en réalité. À force d’entendre des récits de copines, je me rends compte que bon nombre de personnes se sert du porno comme référence, en oubliant que ce sont des acteurs. Des professionnels. Et que bon, même s’il y a des catégories amateur sur les sites, rien ne montre la partie consentement en fait. Et je ne parle même pas des vidéos volées. Se servir du porno comme support masturbatoire, pourquoi pas, mais rappelons leur de prendre de la distance, parce que c’est un spectacle. 
Et si vraiment vous ne vous sentez-pas d'en parler, je vous conseille cette vidéo, qui est parfaite. Cette chaine en général est très bien faite. 

Je ne vous donnerais pas de conseil sur le fait qu'il est préférable que ça se passe chez vous ou pas, parce que sincèrement, vous faites comme vous pouvez. Certains ne peuvent pas l'envisager, d'autres préfèrent, moi, je n'ai pas d'avis là dessus. La seule chose que je peux vous conseiller, c'est d'être présent s'ils ressentent le besoin d'en parler. Il est possible qu'ils ne le fassent jamais, qu'ils préfèrent leurs amis, mais rien que le fait de laisser la porte ouverte signifie beaucoup.  

J’ai aussi un ou deux conseils en réserve pour le.s moment.s ou vous allez aborder le sujet :
  • Ne prenez pas votre propre vie sexuelle en exemple. Parce que oui, ils ont beau savoir que vous en avez une (ils sont là pour en témoigner généralement), il est peut-être même arrivé qu’ils vous entendent/surprennent, ils n’ont vraiment pas envie d’avoir les détails.
  • D’ailleurs, s’ils vous surprennent, dédramatisez après, ne rendez pas ça gênant ou tabou. « Ce sont des choses qui arrivent quand on s’aime, on fera plus attention la prochaine fois. » (Pareil si vous les surprenez. C’est important) C’est toujours gênant, mais c’est naturel. Tant que l’intimité des uns et des autres est respectée tout va bien.
  • Si c'est trop compliqué à aborder, servez-vous d'internet. Fouillez, il y a énormément de choses, de supports vidéos, d'articles... Si besoin, je peux rajouter des liens d'ailleurs. 

Voilà, il reste des tas de choses à dire sur le sujet, mais je vais m'arrêter là. J'ai écris cet article sous l'angle de conseils pour ados, mais c'est applicable à n'importe qui. Parce qu'il n'y a malheureusement pas que les ados qui manquent d'infos sur le sujet. Je sais bien que mon article ne va sans doute pas changer grand chose, mais si par un moyen quelconque, j'arrive à toucher au moins une personne, ça en vaudra la peine. Prenez soin de vous ♥

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le silence, un déménagement et la phobie sociale.

Mon avis sur le kit Mini Macaron